lundi 3 novembre 2014

Chamber Of Reflection



Ouais je sais, je suis vraiment une merde quand il s'agit de poster régulièrement sur ce blog. PARDON. Mais pour me rattraper, je vous propose un petit concours en partenariat avec la marque de lunettes Les Mirettes. Un e-shop bien cool sur lequel j'ai trouvé une paire ronde et ornée de perles que j'adore (même si je n'ai pas vraiment l'occasion de la porter à Paris vu le temps tout pourri... mais je refuse de m'étendre sur le sujet, j'en souffre assez au quotidien).

Si vous souhaitez gagner une paire de lunettes Les Mirettes, c'est pas très compliqué ! Il vous suffit liker leur page et de laisser un commentaire sur cet article en précisant quelle paire vous aimeriez avoir ainsi que vos nom/prénom/adresse mail afin que je puisse vous contacter ! Vous avez jusqu'au lundi 10 novembre pour tenter votre chance.

Sur ce, je vous laisse avec une série de photos réalisée par ma copine Margaux du blog Oh Et Puis

A la prochaine ! 






 



 
  

lundi 6 octobre 2014

Hashtag premier amour.


«De toute façon on n'oublie jamais son premier amour». C'est sorti de la bouche d'une nana à côté de moi et c'est la première chose que j'ai entendu ce matin dans le métro. J'ai levé les yeux au ciel en me disant que putain, un lundi matin qui commence par une réflexion sur les relations, ça annonce forcément une semaine de merde. Mais dans la mesure où ma vie entière est rythmée par mes sentiments en pagaille, j'en ai conclu que ça ne serait, au final, qu'une semaine comme les autres. Puis j'ai décidé d'ouvrir mon dossier «Premier amour», celui qui est rangé au dernier rayon du magasin de mon coeur avec l'étiquette FRAGILE collée en travers.

Raoul (pour des raisons évidentes, le prénom du jeune homme a été changé, lol j'allais quand même pas sortir avec un mec qui s'appelle Raoul) faisait un mètre quatre-vingt-quatorze et sortait toujours avec une capuche sur la tête même quand il faisait beau. J'ai été folle amoureuse de lui pendant bien trop longtemps et j'essaie encore de comprendre comment et pourquoi. J'veux dire merde, ce mec passait SA VIE AVEC UNE CAPUCHE SUR LA TÊTE et adorait manger KFC alors que je déteste KFC (maintenant que j'y pense, je crois que je déteste KFC à cause de lui). Mais je suppose qu'à dix-huit ans, on ne fait pas attention aux détails.

C'était fin 2009 et les hoodies American Apparel étaient LE truc à avoir dans son placard. Les fluokids étaient morts, les hipsters pointaient le bout de leur nez dans le sud et moi, j'étais perdue quelque part entre mon goût pour le vintage et mon désir de me fondre dans la masse. Résultat, mon père m'avait offert un sweat à capuche bleu roi que je portais sur des robes à fleurs. Stylistiquement on a fait mieux, mais fin 2009 c'était suffisamment cool pour que ça plaise à un mec comme Raoul sans pour autant corrompre ma principale conviction mode qui est : tout se mélange avec tout – oui, même le lycra imprimé léopard et la dentelle de grand-mère.

Je n'aurais jamais dû le rencontrer. Statistiquement parlant, il y a peu de chances pour qu'un gars qui prend des cours de pâtisserie à Monaco tombe sur une petite Cannoise qui tente de survivre à la fac de lettres d'Aix-en-Provence. Instagram et Twitter étaient pour moi des mots inconnus, tout comme Tinder. Et pourtant, il aura suffit d'un clic, d'un malheureux clic pour que je rencontre ce mec et que j'en tombe follement amoureuse. Le délire d'un gars qui ajoute une fille par erreur sur Facebook, les deux finissent par sympathiser et décident de se rencontrer, mais le gars ramène un pote et la fille une copine, parce qu'à dix-huit ans et en 2009, un date internet ça fait un peu peur. Le pote du gars c'était Raoul, et moi j'étais la bonne copine prête à tenir la chandelle.

Raoul et moi sommes sortis ensemble quelques semaines après s'être rencontrés. Du 26 janvier au 28 mars. Deux mois et deux jours. On dira que c'était court mais intense.

Il était grand, il était brun, il était drôle et bwarf, j'avais pas besoin de plus. On mangeait de la crème de Speculoos en écoutant Lou Reed, on buvait de la vodka pure, on s'envoyait des sms toute la nuit, il jouait avec mes cheveux et je pleurais à chaque fois que l'on se disait au revoir. Il m'appelait «petite», il me disait «je t'aime» et «si t'es à moi c'est pour toute la vie». C'était mon premier petit copain, j'avais dix-huit ans et j'ai foncé dedans tête la première parce que hé, que pouvait-il m'arriver ? Il était amoureux de moi, après tout.

Et puis un soir, Raoul m'a larguée sur MSN. C'est plutôt drôle, quand on y pense. Mais ce jour-là, j'étais sacrément triste. J'ai même entendu mon cœur se briser, se décrocher de mon corps et se fracasser par terre. En cinq secondes, j'ai perdu l'amour de ma vie, ma dignité, mes rêves, la raison, le moral et une dizaine de litres de larmes. En cinq secondes, j'ai décidé que plus jamais je ne tomberai amoureuse et que j'allais devenir une connasse.


C'est là que s'est arrêté mon dossier «Premier amour» et de toute façon, j'étais arrivée à destination (mais oui rappelez-vous, on est lundi matin et je suis dans le métro). Alors j'en ai fait une boule de papier imaginaire que j'ai jeté dans la poubelle de mon existence (c'est aussi l'endroit où tombent automatiquement – à mon grand désespoir - mes souvenirs de soirées trop alcoolisées) et j'en ai conclu que bordel, cette nana dans le métro était vraiment trop conne.

dimanche 28 septembre 2014

You're gone and I gotta stay high all the time to keep you off my mind.


Avant de déménager, je tenais absolument à faire un saut dans l'une de mes villes préférés, Aix-En-Provence. Aix, mon amour. C'est ici que j'ai habité seule pour la première fois, à 18 ans. Cinq ans plus tard, après un retour imprévu à Cannes qui aura finalement duré quatre ans, me voilà de nouveau seule, cette fois-ci à Paris.

On dit que c'est quand on revient à un endroit où rien n'a changé qu'on réalise le plus à quel point on a grandi. Pourtant quand je foule les pavés aixois, j'ai 18 ans à nouveau. Je me vois accrochée aux barrières de la vitrine d'American Apparel, des collants rouges couvrant mes jambes et une flasque de vodka à la main. Je me rappelle des copains, qui me portaient sur leurs épaules et s'amusaient à courir parce qu'ils savaient que je me mettrais à hurler de la pire des façons. Des fringues improbables qu'on portait pour aller fouiller des vans abandonnés. Je me souviens surtout que c'était le temps où rien n'était grave et où tout finirait par s'arranger. C'était que le début des embrouilles, et j'avais conscience que mes erreurs de jeunesse seraient effacées par celles que je commettrais plus tard. Bah voilà, plus tard, c'est maintenant.

J'essaie de relativiser mais plus les jours avancent, plus je galère. On a atteint les épisodes critiques de la série sur ma vie. Vous savez, ces moments gênants où le protagoniste principal part en couilles parce que les scénaristes ont décidé que c'était cool de le faire basculer côté loser mais au final, ça finit par gonfler les téléspectateurs et les scénaristes eux-mêmes, alors pour satisfaire tout le monde, on fait crever le héros de la série et on le remplace par un autre, plus jeune, plus drôle, plus beau, et tout le monde est content. Mais dans la vraie vie, personne ne va me tuer et me remplacer par un modèle bien plus performant. Je dois continuer d'assumer mon existence de nana un peu cinglée qui fait n'importe quoi parce que c'est comme ça que ça marche.

Alors me voilà, il y a un mois, sous le soleil de ce Sud qui me manque terriblement et dans ce parc Jourdan dont j'ai escaladé le portail un nombre incalculable de fois pour m'allonger dans l'herbe et compter les étoiles avec ma bande. Une robe molle informe, des Adidas, un sautoir Miren Lasnier (allez voir ses créations, ça vaut le détour!) et quelques années supplémentaires dans la gueule, qui ne changent pourtant rien : je suis toujours aussi perdue qu'avant.